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Ultra fan de son travail, la team Patine a proposé une carte blanche à Jade Moulin sur le thème de la tomate. Challenge accepted, la tomate, objet du quotidien et peinture morte devient intemporelle en prenant vie sur une toile dont Patine fait l'acquisition pour le Studio. D'ici une rencontre en chair et en os, voici une mini interview pour en découvrir un peu plus sur Jade Moulin : l'artiste au travail but make it tomates friendly.





Patine: Raconte nous ton processus de création?
Jade: Le processus de création est souvent le même, la peinture à l’origine d’une photographie prise sur le vif. J’aime l’idée d’une image spontanée, presque triviale sans véritable justification. Il s’agit souvent d’un rapport de texture, de couleur ou de situation qui à su retenir mon attention et qui vient s’ajouter à une collection d’images qui deviendront un jour, ou non, peinture.
Patine: Tu peins dans quelles conditions? (quelles musiques, quels outfits...)
Jade : J’aime peindre le matin, quand les idées sont encore fraiches de la nuit. La peinture à un coté presque méditatif où l’on peut s’écouter penser. Autrement j’écoute souvent des podcasts, ou de la musique dans des vêtements confortables qui ne craignent aucune goutte de peinture et sur lesquelles je peux essuyer mes pinceaux !
Patine : Les objets du quotidien font partie prenantes de ton oeuvre, pourquoi et comment sublimes-tu l'anecdotique ?
Jade : Certainement par besoin de fixer les choses avant qu’elles ne disparaissent. J’aime m’attarder sur des choses anodines auxquelles on ne porte plus tellement attention tant elles sont ancrées dans notre quotidien. J’ai toujours un appareil photo sur moi, ou au moins mon téléphone, et comme on prendrait des notes dans un carnet je collecte des images sans jamais le regarder pendant plusieurs mois, je les délaisse. Après ce temps de décantation, je prends le temps de les redécouvrir pour savoir si certaines deviendront peinture. Ça me pose question sur notre rapport aux objets, et au temps mais aussi à notre rapport aux images. Nous sommes aujourd’hui noyés dans un flux d’images continu, j’ai envie en passant par la peinture, d’offrir à une image insignifiante une autre posture.
Patine : Tu fais aussi de la photographie : quel avantage prend la peinture dans la représentation du quotidien ?
Jade : Je ne sais pas expliquer comment se fait le choix des images qui évolueront en peinture, c’est comme ça, et j’aime conserver cette part d’inconnue. En l’occurence, le rapport à l’image est très différent quand je peins, je prends du temps à observer sa composition, je décompose aussi l’image dans ma tête pour savoir par où je vais commencer. Comme un temps de méditation sur un instant suspendu, comme si je pouvais étendre le temps et le fixer de manière définitive par la peinture.
Patine : Parlons peu, parlons bien que sont devenues les tomates qui ont servi de modèles?
Jade : Les tomates sont venues agrémenter un dahl de lentilles!
“Les formes s’effaçaient et n’étaient plus qu’un rêve, / Une ébauche lente à venir, / Sur la toile oubliée, et que l’artiste achève / Seulement par le souvenir.” Une Charogne, Les Fleurs du Mal, Spleen et idéal, C. Baudelaire



Patine : Qu’espères-tu provoquer chez le regardeur ? Quelles sont tes attentes vis-à-vis de la réception ?
Jade : Rien en particulier si ce n’est éveiller une certaine curiosité, pour que l’on requestionne notre rapport aux choses qui nous entourent et au temps. En prenant le temps de regarder.
Patine : Quel est l’essentiel de dressing que tu portes inlassablement ?
Jade : Une paire de Birkenstock.
Patine : Quelle habitude as-tu abandonné par souci pour la planète #sansregretmaisunpeuquandmême (l’avion, la cigarette, les nuggets McDo…)
Jade : Les vêtements qui viennent de l’autre bout de la planète, cela fait plusieurs années maintenant que je m’habille uniquement de seconde main, ou bien de vêtements fabriqués dans les pays limitrophes. Sans regret.
Patine : Ton livre doudou dont tu ne te sépareras jamais ?
Jade : Chez soi - Mona Chollet
La casquette